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Les Petits Paris devenus Morvandiaux… ou pas !

Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance Publique

Photo prise au Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance Publique. cliquer sur l’image pour l’agrandir

Avant tout, je tiens à préciser que mes deux parents ont été l’un de ces Enfants, d’où mon intérêt à approfondir mes recherches dans cette direction. Qui sont-ils ? Que sont-ils devenus, Etc…

Ces enfants parisiens, trouvés, abandonnés, devenus orphelins, ont été placés dès leur naissance ou quelques jours après sur les terres morvandelles. Arrivés en voiture ou en train, ils seront nombreux à ne pas survivre au sein de leurs familles d’accueil. Un taux de mortalité exponentiel !

Lors des dépouillements d’actes sur les deux communes, je suis effarée par le nombre de décès à enregistrer pour ces Petits Paris. Ils n’ont que quelques jours, quelques mois, de parents ou de pères inconnus et porteurs d’un numéro gravé sur un collier attribué par l’administration ainsi qu’un carnet. Nommés sur les actes d’état civil « Enfant des Hospices de Paris, « Enfants Assistés » avant d’être définitivement appelés « Pupilles de la Nation ».

Plus tard, des enfants plus âgés viendront gonflés les chiffres déjà effarants des placements dans la Nièvre, parce que retirés de leurs parents pour défaillance, ce qui était le cas de mes parents, placés vers l’âge de cinq ans, dans la Nièvre pour mon père et dans l’Yonne pour ma mère. Les frères et sœurs, quant à eux, étaient placés aux alentours, rarement dans la même famille.

Pour les survivants, c’est le début d’un avenir incertain voire tumultueux, certains seront choyés au sein de leur famille d’accueil ; il existe bien évidemment des foyers où ils seront bien traités, au même titre que les enfants légitimes. Pour d’autres, dans cette nouvelle vie aux conditions drastiques : pauvreté, rudesse de l’hiver et travail forcé, ils sont devenus une main d’œuvre facile et rapportant de l’argent, habillés aux frais de l’administration. Lors des relevés de recensement, il n’est pas rare de constater qu’à l’âge de neuf ou dix ans, ils sont considérés comme des Domestiques. Quelques années plus tard, ils seront encore Domestiques, Journaliers, ou encore Commis de ferme dormant dans l’étable ou une pièce insalubre hors du foyer principal.

Mais il ne faut pas évincer le phénomène des « Nourrices », ces femmes qui partaient pour la capitale afin de nourrir les petits bourgeois après avoir accouché. Mortalité exponentielle car, n’oublions pas, que se greffent aussi les décès d’enfants de Nourrices parties allaiter les petits souffreteux des grandes familles parisiennes. Nourrices attirées par l’appât du gain, du confort et de la reconnaissance, parfois poussées par leurs maris ou pour ne pas être regardées comme des femmes malades, sans bon lait.

Je ne m’étendrais pas sur ce point et je vous invite à lire le Mémoire accablant du docteur Charles Monot et Maire de Montsauche qui traite de la problématique et surtout des faits qui l’ont amené à rédiger ce texte intitulé : De l’industrie des nourrices et la mortalité des petits enfants publié par l’Académie impériale de médecine en 1867 (Âmes sensibles s’abstenir). Fichier au format pdf à télécharger

À visiter le « Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance Publique » situé à Alligny-en-Morvan, Nièvre

Zam