Parricide de Gâcogne – Acte II

Pièces à conviction

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Lors des interrogatoires du 14 novembre 1855, les deux accusés reconnaissent les faits.

Pierre Galbois est accusé de crime de parricide et sa femme Marguerite Blandin, accusée de complicité de parricide.

C’est le début d’un long procès, de nombreuses enquêtes et d’analyses au fur et à mesure de l’entente des témoins, qui disons-le, ont été bernés par la mise en scène macabre par le couple.

C’est toute une mise en scène élaborée par les accusés, allant jusqu’à avertir leurs voisins que Jean Galbois «se meurt !» Pierre Galbois tenait un verre à la main et paraissait très affecté par la mort de son père lorsque les premiers voisins entrèrent dans la pièce. Ses mêmes voisins confirmèrent que : «Jean Galbois, ne pouvant plus travailler, devenait une charge lourde pour le couple». Avant, d’être sauvagement assassiner, le vieil homme avait été pris de vomissements, le corps fut donc exhumé pour d’autres prélèvement en présence des accusés. Pierre Galbois s’effondra face contre terre, ne supportant pas l’odeur putride du corps de son père, une tentative d’empoisonnement qui n’a pu être établie selon les analyses effectuées.

64ème cour d’assises de Nevers, séance du 22 novembre 1855

Questions soumises au Jury

Fait principal : Pierre Galbois est-il coupable d’avoir, dans la nuit du 4 au 5 août 1855, à Fragny commune de Gâcogne, commis un homicide volontaire sur la personne de Jean Galbois ? Oui à la majorité

Circonstance aggravante : Jean Galbois est-il le père légitime de Pierre Galbois ? Oui à la majorité

Fait principal : Marguerite Blandin est-elle coupable dans s’être, avec connaissance, rendue complice du crime ci-dessus spécifié et circonstancié, pour avoir par machination ou artifices coupables, provoqué à cette action ou donné des instructions pour le commettre soit, pour avoir, avec connaissance, aidé ou assisté l’auteur de ce crime, dans les faits qui l’ont préparé ou facilité, ou dans ceux qui l’ont consommé ? Oui à la majorité

Le verdict a sonné ! Les interrogatoires vont s’enchaîner et les témoins entendus…

Témoins utiles : Paul Meulé, Laboureur demeurant à Fragny ; Marie Bouché-Pillon, Propriétaire demeurant à Fragny ; Claudine Grillot, femme de César Pillon, Journalière demeurant à Fragny ; Reine Prétat, femme de Joseph Geoffroy, Journalière demeurant à Parjot ; Léger Baudin, Maire de Gâcogne ; Edme Samuel Denoue, Médecin à Lormes, Philibert Ferr[eau]ot, Journalier demeurant à Saugny ; Philibert W[l]acher, Marchand de chiffons demeurant à Fragny ; Philippe Meulé, Propriétaire demeurant à Fragny ; Dominique Colas, Garde particulier demeurant à Fragny.

Les autres témoins : Jeanne Galbois, sans profession demeurant à Fragny, [sœur de Pierre Galbois] ; Marie Vincent, femme de Jean Grillot, Journalière demeurant à Fragny ; Pierrette Galbois, femme de Philibert Ferr[eau]ot, Journalière demeurant à Saugny [sœur de Pierre Galbois] ; Marie Galbois, femme de Charles Renaudot, Journalière demeurant aux Loges [sœur de Pierre Galbois] ; Dominique Colas, Garde particulier demeurant à Fragny ; Antoinette Bouché-Pillon, femme de Philippe Meulé, Sans profession demeurant à Fragny ; Joseph Geoffroy, Journalier demeurant à Parjot ; Claude Chat, Marguillier demeurant à Gâcogne.

Marguerite Blandin sera aussi entendue concernant le décès survenu le 22 mai 1855 de leur enfant âgée de 15 mois, enfant qui fut prise de violentes diarrhées, ce qui éveilla les soupçons d’un empoisonnement ou de maltraitance à l’encontre de leur fille. Il n’y aura pas de suites faute d’éléments probants sans exhumation du corps. En revanche, elle allaitait l’enfant de la femme Grillot qu’elle déposa dans le lit juste avant leur acte innommable.

D’après les aveux de Pierre Galbois, sa femme éprouvait une haine envers son beau-père parce qu’il ne travaillait pas assez. À 66 ans et après des années de labeur, faisant face, de surcroît, au deuil de sa femme, comment peut-on demander à une personne de travailler encore et encore ? Il aurait mérité de profiter d’une retraite paisible, même seul. Et bien non, ils l’ont sollicité, voire obligé, à venir vivre avec eux avec certainement cette arrière-pensée de contraindre Jean Galbois de travailler.

Sources : La Gazette des Tribunaux du 24/11/1855 et les Archives départementales de la Nièvre, consultation sur place du dossier.

À suivre…