Parricide à Gâcogne en 1855 – Acte III et fin

Plan de la maison Galbois

Plan de la maison Galbois. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Le 10 août 1855, le juge d’instruction et le procureur de la république se rendent à Fragny afin de perquisitionner la maison dudit parricide, accompagnés des époux Galbois. Les premières constatations confirment qu’il y a bien eu lutte entre l’inculpé et la victime ; les enfants dormaient dans la pièce d’à côté dont le mur, une fine paroi, les séparait de la chambre de leur grand-père. Leur fille aînée Jeanne aurait entendu la dernière plainte et le dernier gémissement de celui-ci. Elle aurait su qu’il succombait sous les efforts réunis de son père et de sa mère.

Marguerite Blandin nie avoir empoissonné son beau-père et n’éprouve aucune émotion d’ailleurs elle n’en n’éprouvera jamais ! Elle accable son mari de l’avoir tué puis confirme plus tard qu’ils l’ont accompli ensemble.

Les interrogatoires s’enchaîneront jusqu’à la mise en accusation qui mènera sur une condamnation exécutoire. Je passe bien sûr sur les détails tout aussi abominables que meurtriers que j’ai pu lire dans le dossier d’où j’ai ressorti pas moins de 130 photos du jugement. Tout un après-midi a épluché ce dossier et a constaté toute l’horreur de cet assassinat. Aucune clémence ne leur sera accordée et laissent 3 enfants derrière eux dont je recherche encore la trace quelque part dans les archives.

Extrait de la Gazette des tribunaux du 24 novembre 1855 :

Depuis plusieurs jours, à l’excitation de ma femme, qui avait pris mon père en haine parce qu’il ne travaillait pas autant qu’il aurait dû, nous avions décidé que nous le tuerions… Ma femme m’avait dit : «Il faut le serrer,» et j’avais répondu : «Oui…» Le samedi soir, 4 août, nous avons décidé que nous ferions le coup pendant la nuit. Je me réveillai le premier, j’avertis ma femme qui couchait au fond du lit, de l’autre côté de l’enfant de la femme Grillot qu’elle nourrissait. Nous sortîmes dehors tous les deux, pour répandre de l’eau, puis nous rentrâmes sans allumer de lumière. Nous nous sommes dirigés dans la chambre où couchait mon père ; je le saisis au cou de la main droite et lui portai la main gauche sous la tête, ma femme le prit en même temps aux parties ; cela ne dura pas longtemps, il fut bientôt étranglé et mort… J’allumai la lampe, et ma femme et moi avons regardé le corps pour voir s’il était bien mort. J’envoyai alors ma femme chercher la femme de César Pillon, l’un de mes voisins, afin de détourner de nous les soupçons. Pendant ce temps, j’avais fait un verre d’eau sucrée, et je faisais semblant de l’administrer à mon père au moment où la femme Pillon est entrée.

Cette déclaration a été confirmée dans tous ses détails par la femme Galbois après confrontation avec son mari. Comme lui, elle a été contrainte de convenir de la longue préméditation avec laquelle le projet de parricide a été mûri entre eux, des odieuses circonstances au milieu desquelles il a été réalisé et du criminel concours qu’elle y a personnellement prêté. « À de tels aveux formulés avec le plus impassible sang-froid, il ne reste plus rien à ajouter, sinon que de la procédure il résulte que Pierre Galbois est habituellement d’un caractère dur et violent et qu’il avait déjà proposé à l’un de ses beaux-frères d’attirer Jean Galbois, son père, dans un bois, et là de l’aider à lui donner la mort.

Pierre Galbois et Marguerite Blandin seront guillotinés à 7 heures du matin, place du Champ de foire à Nevers, le 31 décembre 1855 devant une foule immense.

Sources : La Gazette des Tribunaux du 24/11/1855 et les Archives départementales de la Nièvre, consultation sur place du dossier.