Enfants et Nourrices

Mise à jour du : 27 janvier 2022

L’intérêt que je porte à ces enfants trouve son origine dans mes racines, mes parents ont été ces enfants ainsi que leurs frères et sœurs, soit presqu’une vingtaine de personnes concernées. Pour le côté paternel, le Morvan sera leur “Terre nourricière” et côté maternel ce sera Avallon dans l’Yonne, petite ville située aux portes du Morvan et limitrophe au département de la Nièvre.

Avant que ces enfants ne soient définitivement appelés “Pupilles de l’assistance publique”, il y eut plusieurs étapes et des lois ont émergés pour mieux les protéger.

Ce sont avant tout des enfants trouvés, abandonnés ou orphelins qui sont dénommés “Enfants assistés” à partir de 1859 et en 1841 le terme “Enfants en dépôt” concerne, et comme le nom l’indique, ceux qui sont normalement de passage et peuvent être repris par leurs parents. Ce n’est qu’en 1859 que chaque enfant admis sera, qu’elle que soit la nature du placement, inscrit sur les registres “Enfants en dépôt”.

À partir de 1881, les parents, qui ne peuvent plus subvenir aux besoins de leurs enfants, les placent et seront nommés “Enfants moralement abandonnés”. Ce n’est qu’en 1907 qu’ils seront tous regroupés sous le terme “Pupilles de l’assistance publique”.

Mon projet est donc de recenser tous ces enfants et leurs nourrices (Paris et autres départements) qui ont été accueillis dans notre Morvan, dont la rudesse de l’hiver et la misère des paysans ne sont plus à démontrer. Pour ces parents nourriciers, c’était une source de revenu non négligeable pour parfaire leur mode de vie et améliorer leurs habitations, entre autres. À partir de l’âge de 12 ans, ces enfants devaient travailler, soit chez leurs parents nourriciers, soit chez un autre employeur et pour certains, ils y eut plusieurs foyers d’accueil.

Livret de nourrice sur lieu

Page de livret de nourrice sur lieu

À cette même période du XIXe siècle apparaît alors le métier de “Nourrice” regroupé dans deux catégories :

  • les nourrices sur place qui accueillent les enfants chez elles
  • les nourrices sur lieu qui rejoignent, le plus généralement Paris, au détriment de leur propre nouveau-né pour partir à la capitale allaiter les petits “souffreteux”. Leur renommée était bien connue des grandes familles bourgeoises et c’était devenu une véritable industrie. Elles étaient choyées et respectées, ne manquant de rien tout en percevant un salaire parfois au-delà du double d’une nourrice sur place.

Je ne réécrirai pas l’histoire de ces enfants et de ces nourrices, un musée et une association, situé à Alligny-en-Morvan, leur sont dédiés :  Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance publique. Un autre site sur le texte intégral du journal de Mathieu Tamet ancien directeur de l’agence d’Avallon des enfants assistés de la Seine de 1896 à 1919 et le résultat de beaucoup de recherches de son arrière arrière-petite-fille Marie-Laure Las Vergnas.

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